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Communiqué Final de
la 40ème Session de l'APECL
Bkerké le
18/11/2006
1. L’Assemblée des Patriarches et des
Evêques Catholiques au Liban a tenu sa 40ème session ordinaire
annuelle au Siège Patriarcal Maronite à Bkerké du 13 au 18 Novembre 2006, sous
la présidence de sa Béatitude, Cardinal Nasrallah Sfeir, Patriarche d’Antioche
et de tout l’Orient pour les Maronites, et la participation de leurs
Béatitudes : Grégoire III Lahham, Patriarche d’Antioche et de tout l’Orient,
d’Alexandrie et de Jérusalem pour les Grecs Melkites Catholiques, Ignace Pierre
VIII Abdelahad, Patriarche d’Antioche pour les Syriens Catholiques et Nersès
Pédros XIX, Catholicos Patriarche de Cilice pour les Arméniens Catholiques. Ont
aussi participé leurs Eminences, les Evêques des Eglises Catholiques au Liban,
les Pères Généraux, les délégués des Supérieurs et les membres des bureaux des
Mères Générales. Le Chargé d’affaires de la nonciature, Père Visvaldas Kulbokas
a assisté à la séance d’ouverture.
La session a mis à l’étude la question de
« La Paroisse et le travail pastoral complétant ainsi le sujet de la session
précédente : « La formation chrétienne des adultes ». Le Président de
l’Assemblée, Sa Béatitude, le Cardinal Sfeir a présenté la question dans
l’allocution d’ouverture et le nonce apostolique, l’Evêque Luigi Gatti a
souligné son importance dans un discours que le Chargé d’Affaires de la
nonciature a prononcé en son nom vu qu’il était hors du Liban. Les membres de
l’Assemblée ont sollicité la bénédiction apostolique de Sa Sainteté le Pape
Benoît XVI pour leur session, pour eux-mêmes, pour le Liban et son peuple au
moyen d’un télégramme que sa Béatitude le Patriarche Sfeir a envoyé en leur nom.
Après un exposé général du sujet, des prêtres et des laïcs ont présenté des
témoignages de vie sur la réalité de la paroisse et du travail pastoral, sur le
ministère pastoral du prêtre et la formation continue, et, sur le rôle des laïcs
dans la vie de la paroisse, la mission de l’Eglise et leur éducation religieuse.
Des groupes de travail ont été formés pour approfondir les questions posées et
ont énoncé des propositions pratiques. Ensuite, la session a adopté des
conduites administratives, des recommandations et des décisions variées à la
lumière des rapports des Commissions Episcopales issues de l’Assemblée et les
rapports des organisations qui les supervisent.
L’Assemblée a conféré à la question nationale
une attention particulière à cause des circonstances critiques que connaît le
Liban et a issu ce communiqué.
Première
Partie : le sujet de la session
La Paroisse, cellule de l’Eglise et de la
société
2. L’appartenance à l’Eglise
universelle commence dans la paroisse qui est « un groupe donné de fidèles,
établie dans un diocèse donné, d’une façon permanente, que ce soit dans les
limites d’un espace bien défini ou au niveau de personnes déterminées. Dans la
paroisse, c’est un prêtre qui est chargé du soin pastoral et ce, au nom de
l’évêque » (Canon 279).
Cet attribut est considéré comme « la cellule du diocèse »
(la lettre aux Laïcs, 10)
et « une Eglise réduite » qui représente l’Eglise visible dans le monde »
(constitution sur la Sainte Liturgie,
42). C’est « L’Eglise même qui vit parmi ses fils et ses
filles » (Exhortation
apostolique : les fidèles laïcs, 26). L’évêque garantit
sa stabilité et sa croissance à travers le prêtre et son assistant. Elle
renferme les moyens de communion avec Dieu et la communion entre les hommes,
c’est-à-dire l’Evangile, la grâce des Sacrements, en particulier le Corps du
Christ et Son Sang pour la vie éternelle. Elle est le signe, témoin de cette
communion.
Nous avons prêté notre attention complète à
la paroisse d’abord en tant que pasteurs responsables afin qu’elle devienne une
paroisse vivante, cellule de l’Eglise et de la société, formée par l’Eucharistie
« Edificatrice de l’Eglise, source de sa vie et sommet de sa mission »
(Pape Jean Paul II : L’Eglise de
l’Eucharistie, 1). En effet, ce sacrement regroupe les
fidèles pour qu’ils constituent une communauté spirituelle : le corps du
Christ ; et une communauté humaine dont les membres se connaissent, s’aiment et
se solidarisent, attestant de l’amour de Dieu dans l’unité de ce Corps
(Jean 17/21).
Grâce à ce sacrement, les fidèles deviennent d’un même avis, d’une même charité,
d’une même âme et d’une même conscience, ayant l’esprit du Christ et se
comportant en Lui (Philippiens
2/2 et 5). Ainsi, ils cachèteront les affaires
temporelles du cachet de l’Evangile.
De cette façon, la paroisse sera « La famille
de Dieu », « une communauté de foi et une communauté organique organisée »
(Les Fidèles Laïcs, 26).
En elle l’unité de l’Eglise se manifeste entre les communautés locales où chaque
membre occupe sa propre place en accord avec les dons que le Saint Esprit
distribue pour l’intérêt de tout le corps. Il est vrai que les paroisses sont
nombreuses, quand même, elles sont appelées « â être un seul troupeau pour un
seul Berger » (Jean 10/16),
le Christ, à l’image de la première communauté chrétienne dans l’Eglise
naissante (Actes 2/42-47),
à travers son appartenance au diocèse et l’interaction avec lui.
3. Cependant, les changements
survenus à la paroisse, en tant que communauté organique organisée, nous mettent
face à quatre types de communautés qui nécessitent des solutions.
a) Les régions montagneuses qui se vident de
leur population pendant une longue période de l’année. Les gens, dans ce cas, se
déplacent vers les grandes villes côtières. Ces régions doivent organiser des
activités communes capables de donner aux fidèles le sens d’appartenir à l’Eglise.
En même temps, il faut travailler avec l’Etat et autres organismes pour garder
les habitants de la montagne dans leurs villages et leurs bourgs. Pour cela, il
faut assurer tous les éléments nécessaires : routes, institutions, emplois….
b) Les grandes villes et leurs banlieues
reçoivent des groupes aux mœurs, aux mentalités, aux niveaux culturels et aux
appartenances ecclésiales variés. De là, le besoin d’organiser une pastorale des
quartiers. Dans celle-ci, des prêtres, des organisations apostoliques, des
religieux, des religieuses et des laïcs coopèrent. De cette façon des
communautés organisées se constitueront qui confèreront aux fidèles le sentiment
d’appartenir à la paroisse et à l’Eglise.
c) Les grandes paroisses religieuses dans les
villes et les églises des couvents qui ont les moyens de réaliser un travail
pastoral, et qui attirent les fidèles hors de leurs paroisses jusqu’à, presque,
vider ces dernières. Il leur incombe d’assister par leurs propres moyens, les
prêtres des paroisses voisines. Cette coopération signifie que les prêtres
demanderont de l’aide pour leurs églises, et que les communautés religieuses
seront prêtes à surmonter maints obstacles et à répondre.
d) Les grandes paroisses où sont présents
nombreux prêtres et nombre de congrégations religieuses et d’organisations
apostoliques. Ces paroisses requièrent plus de coordination, de coopération et
de communication afin que chacune d’elles soient une communauté vivante, active
et témoin.
Rôle du prêtre de la paroisse
4. Quelque soit la paroisse, qu’elle
soit géographique ou personnelle, nous travaillons avec elle pour qu’elle
regagne son vrai visage : le visage de Christ et de l’Eglise, par suite, le
visage de Dieu : « Je cherche Ta Face, Seigneur »
(Psaume 27). Il
faut donc que la paroisse se renouvelle continuellement, guidée par l’évêque,
son prêtre et ses forces vives. Et, pour que la paroisse reste une communauté
chrétienne active et témoignante et pour qu’elle agisse dans la société à témoin
l’exemple du ferment dans la pâte, le rôle principal revient au prêtre qui
supplée à l’évêque, de qui il reçoit la consécration et la mission et avec qui
il participe au seul sacerdoce du Christ et à la mission du salut
(Presbyterorum ordinis 7).
Premièrement, le prêtre s’engage dans sa vie spirituelle évangélique et ce en
suivant le chemin du Christ l’Eternel Prêtre, le Maître Divin et le Bon Pasteur.
Son premier souci est que chacun dans sa paroisse entre dans une communion
profonde avec Dieu par le Christ à travers une foi consciente, cultivée et
responsable. La présence du prêtre dans la paroisse est une continuation de la
présence du Christ. En effet, c’est au nom du Christ que le prêtre travaille et
c’est dans Sa personne qu’il pratique son ministère dans ses différents domaines
suivant les directives du Magistère de l’Eglise et en particulier dans les
documents du Concile Vatican II et les exhortations apostoliques.
5. Le rôle du prêtre de la paroisse
ne se limite pas à prendre soin des fidèles de son propre Eglise mais s’étend
aussi aux fidèles des autres Eglises et aux non Chrétiens. Tous étant appelés à
vivre “le dialogue de la vie, de la culture et du vivre-ensemble
(Une espérance Nouvelle pour le Liban
91-92).
Au niveau de la communion à l’intérieur de l’Eglise
Catholique, le prêtre et la paroisse s’engagent dans l’opération de coopération
et de coordination pour une même mission, s’engagent à respecter le plan
pastoral que l’Assemblée des Patriarches et des Evêques Catholiques au Liban
dresse au cours de ses sessions annuelles et à respecter aussi ce que les
Commissions Episcopales affiliées à l’Assemblée proposent en termes
d’initiatives pratiques.
Du côté oecuménique, les communautés
présentes sur le territoire d’une même paroisse s’adonnent à continuer la
coopération afin de témoigner pour le Christ par le triomphe de la vérité et le
dialogue de la charité, par le respect des coutumes et des sentiments et par la
découverte de la tradition Antiochienne commune en l’approfondissant”
(Une Espérance Nouvelle pour le Liban,
86). Nous louons les initiatives de coopération
oecuménique dans la même paroisse et entre les paroisses voisines et nous
encourageons aussi ces initiatives à condition qu’elles soient coordonnées en
accord avec les principes et les directives données dans l’« Index du travail
œcuménique » (Le Conseil
pontifical pour l’unité des Chrétiens, le 25 Mars 1993).
Au niveau du vivre-ensemble, la paroisse est
un lieu convenable pour raviver le vivre commun par la connaissance mutuelle et
la coopération dans les questions publiques en particulier au niveau du
développement de la solidarité et des valeurs morales. Dans ce contexte, les
sanctuaires et les lieux de pèlerinage chrétiens assurent un espace vital et pur
pour établir les ponts et renforcer les relations entre les chrétiens et les
musulmans loin des mouvements politiques, du fanatisme et du puritanisme. Ils
permettent aussi d’approfondir les valeurs morales source de la vraie paix qui
émane de Dieu. Et quand cette paix s’établit dans les cœurs, alors les gens
s’ouvrent les uns aux autres dans le respect mutuel et la coopération.
Le travail pastoral
6. Le travail pastoral puise son âme
et son contenu au « Christ le souverain berger »
(1 Pierre 5/4)
et au fait que la communauté des croyants constitue le troupeau de Dieu confié
aux prêtres pour qu’ils le paissent spirituellement non par contrainte mais de
bon gré et pour qu’ils n’exercent pas un pouvoir autoritaire mais deviennent les
modèles du troupeau » (1 Pierre
5/2-3).
Nous croyons que le Seigneur Jésus est
toujours présent au milieu de son peuple et qu’Il prêche la parole de Dieu.
Qu’Il donne les mystères de la foi et conduit le peuple de la Nouvelle Alliance
vers l’éternelle joie
(Exhortation apostolique : Berges du troupeau, 6) à
travers la mission des Evêques, des prêtres qui les assistent et des laïcs
engagés.
Le code des canons des Eglises orientales
(Canon 289)
définit les fonctions du travail pastoral à la lumière de l’enseignement
théologique et biblique. Ces fonctions émanent de la participation à la mission
sacerdotale tridimensionnelle du Christ : l’enseignement, la sanctification et
le gouvernement. Cette mission, les évêques la détiennent du Seigneur puisqu’ils
sont les successeurs des apôtres, pour qu’ils l’exercent en un ministère
sanctifié avec les prêtres qui les assistent
(Lumen Gentium 24-27).
La fonction de l’enseignement requiert du
prêtre qu’il prêche et qu’il enseigne tous les fidèles, ainsi ils s’ancrent
fermement dans la foi, l’espérance et la charité. Ils croissent dans le Christ
et témoignent de sa charité. Elle requiert aussi que le prêtre guide les fidèles
par la catéchèse à apprendre le mystère du salut chacun selon son âge et ce, en
faisant appel aux membres des institutions religieuses et des laïcs compétents
(Canon 289, Clause 1).
En ce qui concerne le ministère de la
sanctification, la célébration de l’Eucharistie sera le pivot de la vie de toute
la communauté chrétienne. Le prêtre s’efforce de dispenser aux fidèles, la
nourriture spirituelle à travers les sacrements de la foi, et la participation
aux prières liturgiques. Le prêtre donne aussi une attention particulière et un
temps suffisant au ministère de pénitence et de réconciliation
(Clause 2).
La fonction du gouvernement, impose au prêtre
de connaître les fils et les filles de sa paroisse, comme le berger connaît ses
brebis. Il doit aussi promouvoir la croissance de la vie chrétienne dans les
individus, les organisations apostoliques et la communauté pastorale en entier.
Pour ce, il lui incombe de rendre visite aux maisons et aux écoles, de veiller
sur les enfants et les jeunes et de prendre soin des pauvres, des malades et des
orphelins, il doit aussi aider les fidèles à discerner leurs dons et à les
mettre au service du travail apostolique
(Clause 3).
Le travail pastoral ne se limite pas à
l’évêque et à ses prêtres ; le peuple de Dieu en entier doit y prendre part. Les
fidèles, par leur baptême ont et le droit et le devoir d’y participer en accord
avec leur statut dans le triple ministère du Christ
(le ministère des laïcs, 3)
Il en est de même des consacré(e)s par leurs vœux
(directives concernant les relations
mutuelles, 9/c).
La formation chrétienne des adultes
7. L’évêque assume la responsabilité
de la formation chrétienne des fils et filles de son diocèse. Il prépare aussi
les prêtres et les aide à remplir cette tâche dans leurs paroisses. En effet, au
cours d’un sondage sur « le prêtre et les jeunes », un groupe de jeunes gens a
indiqué, aidés par quelques prêtres, le besoin pressant de la présence du prêtre
dans sa paroisse et de sa disponibilité. En effet, « tout grand prêtre pris
d’entre les hommes, est établi en faveur des hommes pour leurs rapports avec
Dieu » (Hébreux 5/1).
Les nombreuses responsabilités qui incombent aux prêtres peuvent entraver leur
ministère principal, à savoir la formation des jeunes, l’accompagnement des
mouvements apostoliques, des groupements professionnels et ceux qui travaillent
dans les champs de la culture, de l’économie et de la politique.
Il est donc nécessaire d’analyser les
obstacles et de chercher à les éliminer avec l’assistance des laïcs pour qu’ils
se chargent des tâches qui pourraient entraver la liberté des prêtres pour se
donner au « seul requis ». Se fait sentir aussi le besoin de la participation
des religieux et des religieuses dans le travail pastoral. En fait, ceux-ci ont
un rôle primordial à jouer à travers l’école ou la coopération avec les jeunes
ou à travers l’accompagnement des mouvements apostoliques ou la création des
chorales et autres alternatives.
La formation chrétienne vise à voir les
fidèles entrer dans une communion profonde avec Dieu, par le Christ et à les
voir témoins de l’amour dans leur société. Les mouvements apostoliques sont la
meilleure place pour la formation de la jeunesse chrétienne, en harmonie avec le
style que le Seigneur Jésus a adoptée avec les deux disciples d’Emmaüs qui
avançaient sans espoir et pleins de chagrin vers l’inconnu, à l’exemple de
certains de nos jeunes aujourd’hui
(Voir Luc 24/13-35).
La formation se base tout d’abord sur la
relation personnelle entre le prêtre et les jeunes gens. Il les accompagne sur
leur chemin. Il écoute leurs épreuves et leurs aspirations. Il éduque leurs
esprits par la parole de Dieu et l’enseignement de l’Eglise. Il lit avec eux les
signes des temps, leur explique les évènements de la vie quotidienne à la
lumière de la parole de Dieu et leur apporte les réponses du Christ à leurs
nombreuses interrogations. En bref, il reste solidaire avec eux.
Cette formation conduit à la table de
l’Eucharistie qui ouvre les yeux à la connaissance du Christ, et qui ravive le
zèle et augmente l’enthousiasme pour le témoignage et la mission au sein de la
communauté ecclésiale. Les jeunes réalisent que leur Eglise est une Eglise de la
charité qui prend corps dans les actions, l’Eglise de l’ouverture sur tout le
monde dans un esprit de service et l’Eglise du témoignage de la fraternité
universelle, pour le bien du monde et pas pour l’intérêt de soi.
Combien est pressant le besoin que le prêtre
adopte cette ouverture avec les couples et les nouvelles familles que ce soit
dans la paroisse ou au « centre de préparation au mariage » ou au « centre
d’écoute». En effet, la formation est au cœur même de la pastorale familiale qui
constitue une priorité dans la mission de l’Eglise. C’est dans la famille que se
trame le premier tissu social et que se réalise l’éducation de la jeunesse qui
sera demain responsable de la patrie. C’est dans la famille aussi que les
enfants découvrent la présence de Dieu et la confiance en Sa paternelle
compassion. Et c’est au sein de la famille que la foi chrétienne se transmet de
génération en génération, que pousse l’appel au mariage, au sacerdoce ou à la
vie consacrée et que les parents donnent à leurs enfants l’exemple de la prière
et de la contemplation de la parole de Dieu
(Une Espérance Nouvelle pour le Liban,
46 ; Lettre de l’Assemblée des Patriarches Catholiques d’Orient : La Famille,
responsabilité de l’Eglise et de l’Etat, 37).
Il y a aussi besoin d’encourager les fils et
les filles de nos diocèses et paroisses à puiser leur culture chrétienne aux
« centres d’éducation » et d’établir ces centres là où ils n’existent pas.
Si nous appelons les prêtres et les forces
vives dans les paroisses à créer les structures pastorales, parmi lesquelles les
conseils, les commissions, les organisations et autres, c’est pour qu’ils
assurent aux membres de ces paroisses, la formation chrétienne continue. En
effet, l’éducation des laïcs vise à découvrir leur vocation personnelle et leur
mission dans l’Eglise, par suite elle vise à les habiliter à une participation
engagée au travail apostolique aux niveaux de la paroisse et du diocèse et à
assurer au prêtre de la paroisse l’aide dont il a besoin dans ses fonctions
pastorales.
Là, il est impératif de bien évaluer la
contribution qu’apportent la voix de la Charité et Télé Lumière / Noursat à
l’éducation religieuse, à la formation et au sentiment d’appartenance à l’Eglise.
La formation du prêtre
8. Il est vrai que le sujet que notre
session est défini par « La Paroisse et le Travail Pastoral », cependant, vu le
large éventail du travail pastoral, ses besoins et les changements pastoraux,
sociaux, économiques et culturels, et face au devoir d’assurer une formation
adéquate aux fidèles de culture variée et à d’autres défis, il est nécessaire de
signaler la formation du prêtre d’aujourd’hui.
9. Au niveau des séminaires, nous
devons souligner les bases de la formation sacerdotale à la lumière des
expériences que les différents modèles présentent. Ainsi, ce modèle sera valable
pour répondre de la réalité du travail pastoral, ses domaines et ses besoins et
pour que la formation que le séminariste reçoit s’accorde avec la réalité de la
mission qui l’attend dans la paroisse.
Nous encourageons une forte coopération entre
les formateurs dans les séminaires, pour étudier les modèles de la formation et
ses programmes ainsi que les meilleurs moyen de communiquer la Bonne Nouvelle.
Une telle coopération permettra aussi de distribuer les années d’étude, d’y
introduire la dimension pastorale, et d’améliorer l’année pastorale et de la
rendre obligatoire pour tous.
10. De point de vue domaines et contenu
de la formation du prêtre, il faut que cette dernière englobe les domaines
spirituel, humain, culturel, liturgique et pastoral
(L’exhortation apostolique Pastores
Dabo volis a développé ce point dans les paragraphes 43-59).
La formation spirituelle assure sur la
priorité de la vie spirituelle chez le prêtre afin que son travail pastoral
porte ses fruits.
La formation humaine affine la personnalité
du prêtre : homme et serviteur. En effet, le prêtre est « homme pris d’entre les
hommes et est établi en faveur des hommes ». Elle cherche aussi à ce qu’il ait
un cœur compatissant, qu’il soit doux, patient, équilibré, charitable,
équitable, loyal et prêt à s’engager. La formation culturelle, quand à elle, lui
assure le caractère de l’universalité caractérisée par l’acquisition des
informations et la possibilité de les utiliser dans le cadre d’une vision
globale.
La formation liturgique, de son côté, rend le
prêtre un pasteur soucieux des âmes qu’il conduit vers la vraie adoration en
esprit et en vérité (Jean 4/23)
et vers les sources de la vie chrétienne dans la liturgie
(constitution de la sainte liturgie,
14).
Finalement, la formation pastorale embellit
le prêtre par la paternité spirituelle. D’autant plus, elle croit sa capacité à
communiquer la parole de l’Evangile et l’enseignement de l’Eglise et lui fait
acquérir les compétences requises, la manière de se comporter avec les gens et
les règles de l’accompagnement, de l’orientation et du dialogue.
La formation continue reste un moyen
indispensable pour que le prêtre ranime la grâce de Dieu en lui et qu’il mette à
jour, ses connaissances dans les différents domaines… la « Lettre pastorale aux
Prêtres » que l’Assemblée des Patriarches Catholiques d’Orient a adressée
(15 Août 2004, paragraphes 42-47)
s’est pleinement étendue sur ce point.
Il est des obligations de l’évêque de donner
une attention particulière à la formation continue de ses prêtres.
Ainsi, il éveillera leur conscience sur son
importance et sa nécessité, il leur dressera un plan et il travaillera, que ce
soit dans son diocèse ou en coopération avec d’autres diocèses pour fonder un
institut qui garantit « la formation continue » au prêtre. Ce, pour l’aider à
croître continuellement, à acquérir la maturité spirituelle et intellectuelle et
à pratiquer les nouveaux moyens pastoraux.
L’affaire nationale
11. Le travail pastoral inclut tout ce
qui organise la relation des fidèles avec Dieu, leurs frères, leur société et
les autres créatures, en plus de toute activité temporelle quel qu’elle soit.
L’Eglise n’embrasse aucun système politique
ou économique particulier. Elle accepte plutôt n’importe quel système qui assure
aux citoyens les droits qui leur sont dûs et les devoirs qui leur incombent pour
se réaliser eux-mêmes et se procurer une vie décente pour eux et pour leurs
enfants dans un climat de liberté, de justice sociale, d’égalité et de chances
égales. Là, la tâche de l’Eglise est « de contribuer à épurer l’esprit de la
cécité morale et de la tentation de l’intérêt personnel et du despotisme pour
que soit reconnu ici et maintenant ce qui est juste et vrai et qu’il soit
réalisé. L’Eglise s’efforce à former les consciences dans les domaines politique
et économique et à les orienter vers les exigences de la justice d’une façon
plus globale puis à inciter à l’action en vertu de ces exigences même si à
l’encontre de l’intérêt personnel
(Pape Benoît XVI : Deos Caritas Est,
27).
12. Nous invitons les responsables
politiques au Liban à se réconcilier avec la politique saine, c’est-à-dire la
protection du bien public, à savoir « l’ensemble des situations de la vie
sociale, économique, culturelle et politique qui permettent aux citoyens, aux
familles et aux groupes de se réaliser d’une manière plus complète
(L’Eglise dans le Monde d’aujourd’hui,
74).
En réalité le bien public est la seule
justification de l’existence du pouvoir politique, en lui, elle prend son sens,
et de lui elle puise ses droits. C’est pourquoi, ceux qui tiennent les clés du
pouvoir ne doivent pas transformer la politique en un moyen qui sert leurs
propres intérêts et ceux de certaines catégories ou les dirigeants ou n’importe
quel Etat.
Cette réconciliation signifie que les
responsables pratiquent la politique en tant qu’art noble qui s’engage à
promouvoir la vérité, la liberté, la justice et la charité. Ces quatre éléments
étant les piliers de la paix
(Pape Jean XXIII : Paix sur la Terre, 35).
La réconciliation avec la politique exige que
le pouvoir responsable assure à tous la possibilité de participer à
l’administration de l’affaire publique et que les responsables soient dotés des
valeurs morales en pratiquant leur fonction. Ces valeurs sont la crédibilité, la
transparence, la droiture, le courage intellectuel, la liberté d’opinion, la
responsabilité de conscience et l’engagement à faire triompher l’intérêt public
sur l’intérêt individuel et sectaire.
La réconciliation exige aussi des
responsables qu’ils encouragent la culture démocratique et qu’ils la pratiquent
d’une façon consensuelle. En effet, c’est cette culture qui constitue la
condition sine qua non pour que le Liban garde sa particularité et son message.
Ladite culture donne la priorité à la discussion à la place du désaccord, et
donne la priorité à la logique non aux passions immédiates. Elle porte le
citoyen de l’étape où il accepte ce qui lui est imposé à l’étape de l’action et
de l’influence dans sa société. Tout ceci se fait par la persévérance, la
détermination constante et l’espoir que les transformations sont possibles pour
que la condition humaine s’améliore
(Synode Patriarcal Maronite : L’Eglise
et la Politique, paragraphes 46 et 47, 49-52).
13. Nous demandons aux responsables
avec instance qu’ils traitent la crise ministérielle actuelle avec toute la
responsabilité et la rapidité requises selon les principes de la Constitution et
du pacte National sur l’assise de la vérité et de la participation au pouvoir,
du vivre-ensemble et de l’accord, loin des crispations. Nous les appelons aussi
à établir une loi juste des élections parlementaires, qui garantit la meilleure
représentation de façon à ce que le citoyen puisse choisir son représentant et
puisse exiger de lui un règlement de comptes.
Par contre, cette division sérieuse et cette
rupture entre les trois pouvoirs constitutionnels. La première présidence, le
pouvoir législatif et le pouvoir exécutif ; nous consterne profondément. Ceci
est une vraie atteinte à la dignité des hautes institutions et à la confiance de
la société internationale en nous. Le Liban et les Libanais ne peuvent supporter
cette atteinte. Nous demandons qu’il soit mis un terme à cette situation
aberrante, et préjudiciable à tous, tout particulièrement aux élèves des écoles
et des universités qui s’enlisent dans les différends des leaders au dépens de
leurs études et leur avenir.
D’une manière toute particulière nous
demandons aux fidèles de nos Eglises qui sont engagés dans l’affaire publique à
se parer de la noblesse politique et qu’ils se rangent en un même rang derrière
la cause du Liban au lieu d’être à parti pris vis-à-vis de l’un ou l’autre des
partis. Nous leur demandons qu’ils soient partisans du Liban pour que le Liban
reste et que tous restent. Leur exercice du pouvoir politique leur impose de se
respecter mutuellement de chercher à supprimer tout ce qui met la paix et
l’unité nationale en danger et de protéger les droits de la conscience morale ;
enfin il leur impose de combiner foi et travail.
Deuxième
partie : Arrangements administratifs
Caritas-Liban
14. L’Assemblée a effectué des
élections au sein du bureau de Caritas-Liban et de son Conseil. Les résultats au
niveau du bureau ont été les suivants : Père Louis Samaha Président par
renouvellement de son mandat, Mr Farid Joubran caissier, Mr Fadi Georges
Ibrahim, secrétaire. Au niveau du conseil, des représentants des diocèses ont
été élus à savoir :
|
Mme Marie-Rose Canaan |
Diocèse Maronite de Sidon |
|
Mr Maroun Semaan Matar |
Diocèse Maronite d’Antélias |
|
Mr Elie Qordahi |
Diocèse Maronite de Beyrouth |
|
Mr Maroun Khoury |
Diocèse Maronite de Batroun |
|
Mr Paul Zein |
Vicariat Patriarcal –
Jounieh |
|
Mr Gilbert Assi |
Vicariat Patriarcal – Sarba |
|
Mr Kamal Nour |
Diocèse Grec Catholique du
Tyr |
|
Père Abdallah Aziz |
Diocèse Grec Catholique du
Fourzol et Zahlé |
|
Mr Mounir Mikhael Mrad |
Diocèse Grec Catholique de
Baalbeck |
|
Mr Hadi Nouzmi Rached |
Diocèse Grec Catholique de
Banias et Marje’eyoun |
|
Mr Toufiq Aris |
Eglise des Arméniens
Catholiques |
Charte de Télé Lumière / Noursat
15. L’Assemblée a chargé son comité
exécutif d’étudier ce statut avec le conseil d’administration de Télé Lumière et
Noursat puis de le lui soumettre.
Troisième
Partie : Recommandations et Résolutions
16. L’Assemblée a voté des
recommandations et des décisions issues de certaines des Commissions Episcopales
qui lui sont affiliées et des concertations de ses propres membres.
Ces recommandations et décisions seront
publiées dans les travaux de cette session pour être mises en pratique.
Conclusion
17. Nous remercions Dieu à la fin de
cette session sur la paroisse et le travail pastoral de ce qu’Il nous a inspiré
pour répondre quand ils nous envoie avec nos frères et nos sœurs dans l’Eglise
comme Il avait un jour envoyé les Apôtres
(Mathieu 28/19-200).
Ainsi nous serons un signe vivant de Jésus Christ le Maître, le Prêtre et le
Berger. C’est lui, l’Icône que nous regardons pour exercer notre ministère
appelant notre monde à espérer au salut.
Alors que le Liban se prépare à célébrer la
fête de l’Indépendance, nous souhaitons que cette fête apporte avec elle la paix
intérieure et la stabilité que les Libanais souhaitent.
Pendant notre chemin vers la fête de la
Nativité du Seigneur « Prince de la paix »
(Esaïe 9/5),
nous lui demandons d’instaurer la paix juste et durable au Liban et dans le
monde, particulièrement en Terre Sainte et en Iraq et nous L’implorons
d’inspirer les responsables et les gens de bonne volonté à mettre fin aux drames
de la guerre, du meurtre, du déplacement, de la violence et du terrorisme « Où
sont les sages qu’ils parlent et apprennent ce que le Seigneur a décidé pour Son
peuple » (Esaïe 19/11-13).
C’est avec une espérance ferme que nous nous
joignons à la prière de David : « Ils crièrent vers le Seigneur dans leur
détresse, et Il les a sauvés de leurs angoisses. Il a envoyé sa Parole pour les
guérir et les soustraire à la fosse. Il a réduit la tempête au silence, et les
vagues se sont tues. Dieu les a guidés au port désiré.
Célébrons le Seigneur pour Sa fidélité et
pour Ses miracles en faveur des humains. Exaltons le Seigneur et louons ses
actes. Qui veut être sage ? -Qu’il prenne garde à tout cela, et que l’on
discerne les bontés du Seigneur ! »
(Psaume 107/19, et 21, et 29, et 43).
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